Salon Sm'Art Aix
16 - 20 mai 2019

CATHERINE PUGEAT

Vie d'artiste, démarche et pratique artistique de Catherine Pugeat.

"Je suis venue à la pratique artistique après la mort brutale de mon mari en 2004 à l'âge de 48 ans. 

En 2008, je me lance un défi, sans trop réfléchir. J'ai envie de développer une activité artistique qui serait réconfortante, apaisante.

Je m'inscris à l'atelier de peinture de Shahram Nabati, peintre iranien, vivant en France et en Ardèche, maintenant à Lyon, diplômé de l'école des Beaux-arts de Téhéran. J'apprends à peindre et pour cela je dois apprendre à dessiner.

Commencent alors les années d'apprentissage, dans un accompagnement classique et bienveillant.

Les sensations, les ressentis, les résultats, m'apportent la certitude que là, il y a quelque chose pour moi, quelque chose qui m'apporte un réconfort, une gratification, qui me donne « une valeur » une existence, et que cela est à moi, bien à moi.

Après une année complète de pratique du dessin, je commence la peinture à l'huile, en apprenant à lire et à « copier » les tableaux de grands peintres classiques puis plus modernes. Très vite je prends goût à la matière « peinture à l'huile », je cherche à la poser en épaisseur. Je m'éloigne de plus en plus de la « copie » de tableaux pour créer mes propres « images », sans modèle, qui viennent de ma gestuelle et de mon imagination, de mes sentiments.

J'ouvre enfin la porte à ma propre créativité.

Et bien sûr, le mouvement se trouve au cœur de mes créations : corps humains qui dansent, corps qui bougent, corps qui souffrent, corps qui se tordent, corps qui s'apaisent.

Jusqu'au jour où je vais délaisser les corps lorsque survient le désir profond de ne peindre plus que Le Mouvement.

C'est le début de l'abstraction et de ma vie « d'artiste », pas encore professionnelle, mais artiste dans l'âme.

La peinture devient une évidence, une nécessité, une passion, un besoin, un désir.

Je me sens aujourd'hui dans une dynamique positive et créative, je commence à cerner les enjeux de la professionnalisation et de la liberté de l'artiste, je construis et j'avance dans ma vie d'artiste.

La rencontre avec les visiteurs et les amateurs d'art, comme avec les galeristes, dans mes expositions, me permet d'analyser mon travail, d'échanger en surface mais aussi en profondeur sur le sens de ma démarche artistique, que j'approfondis, que je « prends avec moi, le sens est bien là.

Ma démarche artistique :

La vie est si précieuse, si fragile.

Et pourtant, c'est comme si nous « l'enfermions » dans le silence, trop préoccupés par mille et une choses du quotidien, des nécessités, des obligations de nos vies, toujours pressés, jamais le temps de nous arrêter, de regarder, d'écouter......

Et le temps passe.

Et un jour il nous faudra faire face à notre finitude.

Peut-être sans avoir joui de la Vie.

Cette vie, dont les vibrations, les battements, les palpitations, les ondulations, les manifestations physiques, psychiques, sont présents à chaque instant.

Cette vie qui se meut au plus profond des êtres.

Cette vie que nous détruisons, inconscients que nous sommes.

Face à cette impuissance, je ne peux rester « silencieuse ».

Je ressens l'urgence absolue d'arracher la vie au néant, de la faire jaillir du silence, des ténèbres.

De décortiquer, explorer, disséquer, sortir du silence le mouvement de la Vie et le conduire vers la lumière.

 

Léonard de Vinci disait : « Observe le serpentement de toute chose. »

« Il observait le serpentement de toute chose comme s'il pensait que dans chaque manière de serpenter ou d'ondoyer se révélait le caractère propre de chaque être. » cf. Félix Ravaisson philosophe XIXème siècle.

Ma peinture se veut vibration, ondulation, battement, palpitation, un « devenir à être » selon Aristote.

Je « fabrique » des images colorées, abstraites, puissantes, pour nous interpeller, nous réveiller, nous mouvoir, nous émouvoir et peut-être trouver, dans le silence, la lumière qui nous éveillera ?

 

ET SI NOUS REGARDIONS LE MOUVEMENT DANS LA LUMIERE ?

NE SERAIT-IL PAS LE SILENCE ?

 

Comme un écho, les mots de Nicolas de Staël résonnent en moi :

" Ma peinture est un renouvellement continu, toujours continu, je sais ce qu'elle est sous ses apparences, sa violence, ses perpétuels jeux de force, c'est une chose fragile dans le sens du bon, du sublime, c'est fragile comme l'amour."

Ma Pratique artistique :

De ces idées fortes, découle ma pratique artistique, que je tourne vers l'abstraction, la décomposition du mouvement, dans un non figuratif nécessaire et assumé.

J'utilise surtout des grands formats, 80x80, 100x100 cm, 110x90 cm, 100x80 cm, dans l'attente d'une toile murale de 200x200 cm, principalement les formes carrées qui symbolisent la stabilité, la terre, la matière, le concret, ce qui témoigne de ma vie sur terre et me rassure sans doute Je découvre, depuis peu, le travail sur petits formats, je commence à créer des triptyques et des diptyques et j'en ressens beaucoup de plaisir. Le carré est également associé à la masculinité, ce qui pourrait révéler la part masculine de ma personnalité. 

L’équilibre se crée avec les courbes tracées sur la toile, symboles de la féminité, masculin et féminin se trouvant réunis.

Pour inscrire ces traces sur la toile, j'utilise de grands couteaux, des brosses, qui me permettent de délier au maximum mon geste, puis d'affirmer mes touches dans la recherche d'un équilibre esthétique, parfois d'un déséquilibre, puis je choisis les surfaces, les formes, les lignes, les couleurs, les effets de matière, qui peuvent traduire et exprimer les intentions, les idées préexistantes à la toile. Et souvent, c'est l'inattendu qui pointe son nez, l'imprévisible.

La peinture à l'huile est mon médium de prédilection, son onctuosité, sa souplesse, sa sensualité me séduisent totalement. Je la mélange peu. Je l'étale avec épaisseur, peut-être pour me convaincre que je peux (nous pouvons) exister « avec consistance ». Ma palette se nourrit de couleurs vives, peu mélangées, de contrastes forts. Je me sens une âme de « coloriste » qui célèbre les couleurs de la vie, à la recherche de la joie. La matière est là, brute, posée en épaisseur, elle devient aussi importante que la forme et que la couleur, comme le disait Nicolas de Staël.

Et pour terminer, ce sont peut-être les autres qui parlent le mieux de mon travail artistique, voici leur avis :

Paroles d'artistes sur mes œuvres :

Christophe Houllier : « L'art de Catherine Pugeat, c'est l'essence même de la peinture : une pulsion, un souffle, la force sauvage et brute de la vie. Ses tableaux sont des arrachements au néant. »

Janvier 2019, avis publié sur ma page Facebook.

Patrick Blanchon : « Au premier abord j'ai trouvé que c'était des couleurs jetées sur la toile. Elle travaille dans l’instantanéité, la spontanéité, sans peaufiner les détails, avec des couleurs presque agressives qui forment comme un masque, comme une barrière, et je me suis demandé ce qu'il y avait derrière cette barrière. Après avoir lu sa démarche artistique et après l'avoir écoutée parler aux visiteurs, j'ai été happé par un espace de silence, un espace-temps très silencieux qui faisait écho à mon propre silence…Je lui tire mon chapeau car elle unit les personnes dans le silence que chacun possède en lui »

13 janvier 2019 dans son émission de radio « Les raisons de peindre 6 » page Facebook.

Avis de visiteurs exposition à la galerie Vis ‘art à Lyon : janvier 2019.

« Félicitations pour ce parcours très coloré, où les effets de matière créent du mouvement et des mouvements « qui résonnent malgré tout dans le silence… !! » M. Billié.

« J'aime beaucoup votre énergie du geste, votre couleur, éclatant ! L'abstrait puissant ! Merci. Joëlle Augustin.

Sur ma page Facebook :

« La peinture de Catherine palpite. Elle est mouvement immobile, souffle sans air. Elle déclenche une irrésistible envie de croquer la vie à pleine dents. Elle nous invite à vivre sans concession à travers des tâches de couleur juxtaposées, entremêlées, tricotées. »

Pascale Rey ou Kloo (nom d'artiste).

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