Salon Sm'Art Aix
16 - 20 mai 2019

ALIETTE DUROYON

Les pieds dans l’eau et toujours sur terre…

Biographie, D’Aliette Duroyon

 

« Je crois profondément en l’âme humaine qui peut évoluer et devenir meilleure : dans chaque fleur, animal ou coquillage le divin est présent et nous insuffle cette belle énergie pure qui nous pousse à vouloir être meilleur. »

 

Née en 1970 à Lille, Aliette a préservé son attachement pour sa région natale des Hauts de France. Elle y lie l’art à sa vie dès son plus jeune âge. A cinq ans, elle s’initie à la peinture auprès de sa marraine Chantal Leblanc DUROYON, artiste peintre et professeur de dessin. Elle se souvient encore de sa toute première œuvre ; une aquarelle de bouteilles travaillées en transparence… Elle apprend aussi le piano, écrit ses propres poèmes influencés par les mots de Charles Baudelaire et Paul Eluard.

 

Adolescente, elle découvre Van Gogh et apprend à copier ses tableaux. Ce sont ses couleurs franches, l’énergie expressionniste de sa touche qui la fascinent et l’incitent à travailler l’instabilité des pigments et leur modification sous l'effet de la lumière. Aliette s’appuie sur l’expérience du maître flamand pour fabriquer sa propre réflexion esthétique et préciser sa volonté de dépasser la représentation de la réalité. Elle démarre ainsi en 1999 une recherche personnelle qui aboutira à l‘exposition en 2001 à ses premières toiles abstraites.

 

Mais l’artiste ne délaisse pas encore le figuratif, cette même année, elle s’inscrit au centre d’arts plastiques et visuels de Lille Wazemmes (A.R.I.A.P) où elle perfectionne son trait grâce au cours de modèle vivant de Karina Waschko. Elle y démarre également une étude plastique sur la matière et la couleur auprès de l’artiste polonais Yanutz Stega.

 

En 2004, le tsunami en Indonésie la bouleverse et déclenche chez elle un profond ressenti sur le changement climatique.

L’année suivante, en 2005, elle réalise une œuvre avec des couteaux de mer collés en mosaïque de façon linéaire et ordonnés comme un code génétique. Ce travail provoque un déclic dans sa démarche artistique et impose dès lors sa signature très personnelle. L’œuvre marque son tournant vers l’abstraction et la pureté du vocabulaire inspirée par le couteau qui caractérisera toute son œuvre. Ce coquillage lui fournit une matière et des couleurs insolites. Il devient l’identité distinctive d’une approche sérielle, qu’elle associera plus tard à d’autres empreintes minérales, végétales et organiques prélevées au bord des rivages pour créer ses tableaux-sculptures.

 

Son attrait pour la nature, la mer en particulier, et le recondionnement esthétique de ses fragments, la rapproche du Land Art et de l’Arte Povera. L’artiste cite volontiers Giuseppe Penone, Patrick Dougherty, Lionel Esteve, Duy Anh Nhan Duc, ou encore Wolfgang Laib et Henrique Oliveira comme artistes référents. Magnifier les éléments naturels a toujours été une ligne conductrice dans son parcours. Aliette a continuellement étébercée par les reportages du commandant Cousteau, l’émission Ushuaia de Nicolas Hulot ou encore les conférences Connaissance du Monde auxquelles elle assiste aux côtés de sa mère, chargée d’événement pour cette formidable fabrique des savoirs de l’état de la planète.

 

Les pieds dans l’eau et toujours sur terre, Aliette est passionnée et concernée par l’environnement. Elle flâne pendant des heures sur les plages de sable fin d’Hardelot sur la côte d’Opale, là-même où elle a vécu la plus belle partie de son enfance. C’est au sein de cet atelier à ciel ouvert qu’elle cueille et immortalise ce qui est voué à disparaître ; coquillages, écorces, algues, insectes… Autant de témoins du cycle du vivant.

 

En 2007, un stage réalisé avec un groupe d’artistes de l’ARIAP en hommage à Sadaharu Horio, célèbre artiste expérimental japonais, la bouleverse et provoque en elle une résonnance particulière qui l’incite à reprendre des études artistiques et se consacrer exclusivement à l’art de façon professionnelle.

 

Elle étudie Andy Goldsworthy, Jessica Stockholder, Anita Molinero, travaille sur le pigment Bleu Klein, couleur devenue célèbre et fabriquée par l’usine Hollidays Pigment à Halluin, commune de la Métropole de Lille.

En partenariat avec cette entreprise, elle présente une installation de fin d’étude qui met en scène une serre dont le sol est tapissé de pigments bleus en référence à la citation « faire pousser la couleur » de Kasimir Malevitch. L’artiste précise son questionnement en s’interrogeant sur l’épaisseur de sens qui entoure un projet artistique. Comment une démarche esthétique se transmet-elle au spectateur ? Comment le visiteur se projette-t-il dans ce qu’il voit ? Dans sa propre expression des codes de l’art contemporain, elle associe un ouvrage phare qui assied toute sa réflexion plastique : La société de consommation de Jean Baudrillard. Désormais la récupération est élevée au rang d’art et prend tout son sens.

 

2011 marque la fin de ses études. Aliette obtient une licence d’arts plastiques, une licence d’histoire de l’art, un diplôme des Beaux-Arts et une spécialisation en art thérapie.  Elle montre son travail dès 2012 avec une installation land art collective au musée de Plein Air à Villeneuve d’Ascq. Cette événement lance sa carrière professionnelle. A cette occasion, elle rencontre Hervé Maupin, artiste et amateur d’art qui découvre son travail et la convainc de présenter ses travaux au centre culturel de Bondues près de Tourcoing en 2013. Ce sera sa première exposition personnelle. En 2016, elle est sélectionnée pour le prix international de Mosaïque à Chartres.

 

Aliette vit et travaille à Wambrechies où elle initie aujourd’hui grands et petits aux fondamentaux des arts plastiques. Elle ouvre sa galerie OYAT (Open Your Art) à Hardelot en 2017. Ses expositions personnelles et collectives sont accueillies en France, en Belgique et en Allemagne.

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