Salon Sm'Art Aix
4 - 8 mai 2023

JEREMY JACQUIN

Mes premiers dessins prirent place dans les marges de mes cours de collège, faits de lignes confuses et anarchiques, certaines d'entre elles semblaient prendre des directions communes, formant des motifs inconsistants, d'autres finissaient en grotesque caricatures de mes professeurs. Je ne fus jamais inquiété quand mes œuvres furent découvertes par les enseignants tant le tout était chaotique. On me fit même découvrir le travail de Basquiat pour m'encourager. On me demanda juste de ne pas dépasser des marges, ou bien de dessiner sur des feuilles volantes.
Issu d'un cursus général, option arts plastiques, je me suis chronologiquement tourné vers des études de cinéma, de langues, du travail alimentaire, un diplôme en ébénisterie et une activité de sculpteur sur bois. J'ai continué de garnir mes marges de dessins, débordant de ces dernières de plus en plus au fil du temps, rendant mes notes de plus en plus cryptiques, les feuilles volantes toujours plus nombreuses.
Empiriquement, j'ai su explorer différentes techniques, différents formats et développer un langage qui savait se faire comprendre auprès du public sans nécessairement passer par les mots. Je vis l'abstraction comme l'expression brute de ressentis qui se partagent de la manière la plus directe qui soit. Elle est le moteur de l'introspection, cristallise des sentiments commun et fait le lien entre le monde des idées et la réalité matérielle.
Je dessine toujours dans les marges, mais aujourd'hui elles prennent toute la feuille.

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